
Au treizième Forum Urbain Mondial organisé en Azerbaïdjan par ONU-Habitat, la République démocratique du Congo, à travers le ministre d’État , ministre de l’urbanisme et Habitat, Alexis Gisaro Muvunyi a présenté une ambitieuse vision de transformation urbaine portée par le président Félix Antoine Tshisekedi.
Representant l’État congolais, Alexis Gisaro Muvunyi, a mis en avant les grands axes du futur Plan décennal de l’Urbanisme et de l’Habitat 2026-2036, destiné à répondre à la croissance accélérée des villes congolaises et au déficit chronique en logements décents.
Dans son intervention, Il a rappelé l’ampleur des défis urbains auxquels le pays est confronté. Chaque année, plus d’un million de nouveaux habitants rejoignent les centres urbains du pays.

Kinshasa, qui approche les 17 millions d’habitants, figure parmi les mégapoles connaissant la croissance la plus rapide au monde.
Le gouvernement souligne également que 82 % des ménages congolais ne disposent pas de titre foncier, tandis que le déficit national en logements décents est estimé à près de 9 millions d’unités.
Face à cette situation, les autorités congolaises entendent faire de l’urbanisation un levier de développement économique, social et environnemental.Par ailleurs, le futur plan gouvernemental repose sur trois principaux axes stratégiques: **Le premier concerne la planification urbaine anticipative**.
D’ici 2028, les 26 chefs-lieux de province devraient être dotés de Plans directeurs d’urbanisme ou de Plans urbains de référence élaborés grâce aux systèmes d’information géographique et à une approche participative.
L’objectif affiché est de mieux organiser les fonctions urbaines, le zonage et la viabilisation des sites avant toute construction.*Le deuxième axe porte sur le développement de nouveaux pôles urbains et économiques**.
À cet effet, le gouvernement a mis en avant le projet « Kinshasa Kia Mona », présenté non pas comme une « nouvelle ville », mais comme une « ville neuve ».
Situé dans la commune rurale de Maluku, à l’est de la capitale, ce vaste projet s’étend sur 43 000 hectares.Les autorités annoncent notamment la création d’une cité industrielle de 1.200 usines, d’infrastructures hospitalières modernes, d’un mix énergétique associant hydroélectricité et solaire, ainsi que des solutions de mobilité multimodale intégrant route, voie fluviale et futur BRT.
Le projet est développé sous forme de partenariats public-privé avec un guichet unique destiné aux investisseurs.Le gouvernement congolais entend également promouvoir plusieurs villes secondaires situées le long des grands corridors économiques stratégiques du pays, notamment le corridor de Lobito, l’axe Kinshasa-Inga-Banana et le « corridor de la Paix » reliant le centre et l’est du pays.
Des villes comme Kolwezi, Matadi ou Boma devraient ainsi jouer des rôles industriels, logistiques, énergétiques ou agroalimentaires selon leur vocation économique.
**Le troisième pilier présenté au Forum concerne la réforme foncière et la modernisation du cadre légal de l’urbanisme**.
Le gouvernement prévoit notamment la numérisation obligatoire du cadastre foncier, l’instauration d’une mercuriale officielle des prix ainsi que l’interdiction du troc dans les acquisitions foncières.
Selon les autorités, ces mesures doivent permettre de renforcer la transparence du marché immobilier et d’améliorer la planification territoriale.
Parallèlement, un nouveau code de l’urbanisme et de la construction est en préparation afin d’introduire des outils modernes de planification et de garantir une occupation sécurisée des espaces urbains.
À travers cette stratégie, la RDC vise plusieurs résultats concrets d’ici 2036 : l’adoption de plans d’urbanisme dans toutes les capitales provinciales, la construction d’au moins 500 000 logements abordables, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’électricité, ainsi qu’une meilleure sécurisation foncière.
Le gouvernement congolais a également lancé un appel aux bailleurs de fonds, investisseurs privés, agences des Nations Unies et institutions financières internationales afin d’accompagner cette transformation urbaine.
« Nous ne voulons plus de bidonvilles qui s’étendent, mais des quartiers planifiés, résilients, créateurs d’emplois et dotés de logements décents connectés », a affirmé Alexis Gisaro Muvunyi, ministre d’État, ministre de l’urbanisme et Habitat.
Cell Com Urb Hab




