
La famille, les proches, les autorités politico-administratives ainsi que plusieurs personnalités religieuses et coutumières se sont réunies le 17 mars 2026 à l’hôtel Béatrice, à Kinshasa, pour commémorer le 46ᵉ anniversaire de la disparition de l’honorable Isaac Frédéric Gisaro Muhoza, figure marquante de la vie politique et administrative de l’ex-Zaïre, aujourd’hui République démocratique du Congo.
Quarante-six ans après sa mort, l’ancien député national demeure dans la mémoire collective, particulièrement au sein des communautés du Sud-Kivu et de la communauté banyamulenge, qui voient en lui un modèle d’engagement, d’unité et de loyauté envers la République.
Un moment de recueillement et d’action de grâce
La cérémonie a débuté par un culte d’action de grâce, officié par un collège de pasteurs de l’église locale CBFC Gombe.
Dans sa prédication tirée du livre de l’Apocalypse, chapitre 14, verset 13 —
« Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur » —
la révérende Anne Ponzi a exhorté l’assistance à réfléchir sur l’héritage que chacun laisse derrière lui.
Le culte, animé par la chorale Les Rachetés du Christ, a été marqué par des chants, des prières et des témoignages rappelant le parcours d’un homme dont la vie fut consacrée au service de la nation et de la communauté.
Des hommages unanimes à un homme de cohésion
La seconde partie de la cérémonie a été consacrée aux allocutions.
Prenant la parole, le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, a salué l’initiative de commémorer la mémoire d’un homme qui a contribué à l’intégration des communautés du Sud-Kivu dans la vie nationale.
Plusieurs intervenants, dont des députés nationaux, des ministres, des pasteurs et des notables, ont souligné que l’honorable Gisaro Muhoza restera dans l’histoire comme un rassembleur, attaché aux valeurs de paix, de cohésion et de vivre-ensemble.
La lecture de l’oraison funèbre, faite par le député national Lévis Roukema, a rappelé le combat mené par le défunt contre la discrimination, le tribalisme et les divisions communautaires.
Un témoignage émouvant de la famille
Au nom des enfants, Mme Béatrice Gisaro, quatrième de la famille du défunt, a livré un témoignage poignant en rendant hommage à sa mère, restée seule pour élever six enfants après la disparition prématurée de son époux.
Elle a salué le courage des femmes congolaises, soulignant que derrière les grandes figures de l’histoire se trouvent souvent des femmes fortes, capables de préserver l’héritage et de transmettre les valeurs aux générations futures.
« Si mon père fut un pilier, ma mère fut le socle.
Elle a gardé la flamme et a protégé l’héritage », a-t-elle déclaré.
Alexis Gisaro appelle à l’unité et à la fidélité à la République
Dans son allocution, Alexis Gisaro Muvunyi, fils aîné du défunt, a rappelé que la vie de l’honorable Gisaro Muhoza, bien que courte, a profondément marqué l’histoire politique du pays.
Il a insisté sur trois principes qui guidaient son engagement :
l’affirmation de l’identité congolaise,
l’unité nationale,
le sacrifice pour l’avenir.
Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo, il a appelé la jeunesse, notamment celle des Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, à faire confiance aux institutions de la République et à construire l’avenir dans l’unité.
« Les Banyamulenge font partie intégrante de la nation congolaise.
Leur avenir ne peut être assuré que dans une République forte, unie et juste pour tous », a-t-il déclaré.
Une figure historique du Sud-Kivu
Né le 23 juillet 1942 à Muhanga, dans le territoire d’Uvira, Isaac Frédéric Gisaro Muhoza fut l’un des premiers intellectuels banyamulenge diplômés de l’Université Lovanium, actuelle Université de Kinshasa.
Il occupa plusieurs fonctions importantes au sein des institutions académiques et politiques, notamment :
Député national dans les années 1970,
Directeur général de l’Université de Kananga,
Administrateur à l’Université nationale du Zaïre,
Secrétaire général administratif à l’Université de Kisangani,
Cadre à l’Institut supérieur de commerce de Kinshasa.
Décédé le 16 mars 1980 à l’âge de 38 ans, il est considéré comme un pionnier politique, un intellectuel respecté et un artisan de la cohésion nationale.
Un héritage toujours d’actualité
Pour les participants à cette commémoration, l’héritage de Gisaro Muhoza demeure un repère pour les générations présentes et futures.
Son parcours rappelle que l’unité nationale, le respect des institutions et l’engagement pour la République constituent les fondements d’un avenir commun.





