
Un nouvel instrument pour accélérer le financement des grands projets structurants
Kinshasa — Le Gouvernement de la République démocratique du Congo envisage la mise en place d’un nouvel instrument financier consacré au développement des infrastructures. La proposition, portée par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, prévoit la création d’une Banque de développement des infrastructures, destinée à renforcer la capacité du pays à préparer, structurer et financer ses grands projets.
Présentée lors de la 98ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le vendredi 11 septembre 2026 à Kinshasa sous la présidence du Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi, cette initiative entend apporter une réponse aux difficultés récurrentes liées à la mobilisation de financements importants et de long terme pour les infrastructures nationales.
Transformer les projets publics en projets bancables
L’ambition affichée est de disposer d’un mécanisme capable de transformer les priorités du Gouvernement en projets techniquement, juridiquement et financièrement bancables, susceptibles d’intéresser aussi bien les partenaires internationaux que les investisseurs privés.
La future institution aurait notamment vocation à intervenir en amont des projets, à travers les études de faisabilité, la structuration financière et juridique, l’identification des mécanismes de garantie ainsi que la combinaison de différentes sources de financement.
Cette approche vise à faire du financement des infrastructures un véritable levier de transformation économique, dans un pays où les besoins restent considérables dans les secteurs routier, énergétique, ferroviaire, hydraulique, numérique et des transports.
Le capital public comme levier pour attirer le privé
L’un des aspects majeurs de la proposition de John Banza Lunda repose sur la capacité de l’État à utiliser ses ressources comme levier pour mobiliser davantage de capitaux privés et internationaux.
Il ne s’agirait donc pas simplement de créer une banque supplémentaire, mais de mettre en place un outil spécialisé capable de rapprocher l’État, les investisseurs institutionnels, les banques, les bailleurs de fonds et les partenaires techniques autour de projets structurants.
Dans cette logique, des mécanismes tels que les concessions, les partenariats public-privé, les contrats à long terme ou encore les financements mixtes pourraient permettre de réduire les risques et de rendre les projets congolais plus attractifs pour les investisseurs.
Cette orientation intervient alors que le Gouvernement multiplie les démarches auprès des institutions financières et des investisseurs pour financer les infrastructures stratégiques du pays. En mars 2026, des discussions avaient notamment été engagées avec Standard Bank autour du financement de projets dans les secteurs aéroportuaire, routier, énergétique et des transports.
Une task force pour concrétiser la réforme
Pour accompagner cette initiative, le ministre des Infrastructures et Travaux publics a également proposé la mise en place d’une task force placée sous la coordination des ministères des Finances et des Infrastructures et Travaux publics.
Cette structure devrait contribuer à approfondir la réflexion, à définir le modèle institutionnel et financier de la future banque et à identifier les mécanismes permettant son opérationnalisation.
Pour la RDC, l’enjeu est de passer d’une logique de recherche ponctuelle de financements à une approche davantage structurée, permettant de constituer progressivement un portefeuille de projets suffisamment préparés pour accéder aux marchés financiers et aux ressources des investisseurs de long terme.
Un outil au service de la transformation économique
La création d’une Banque de développement des infrastructures pourrait ainsi constituer une étape importante dans la stratégie nationale de modernisation des infrastructures.
Au-delà de la construction des routes, ponts, réseaux énergétiques ou infrastructures de transport, l’objectif poursuivi est de créer les conditions permettant aux infrastructures de soutenir durablement la croissance économique, la création d’emplois, la circulation des biens et des personnes et l’intégration des différentes provinces du pays.
Avec cette proposition, John Banza Lunda place donc la question du financement au cœur de la politique des infrastructures. Le défi sera désormais de traduire cette vision en un mécanisme institutionnel solide, transparent et suffisamment attractif pour faire converger les capitaux publics, privés et internationaux vers les grands projets dont la RDC a besoin.
Prince Kasongo




